Analyse

  • Racisme et cinéma : comment élargir le cadre ?

    Le cinéma est souvent affaire de destin. Héros et héroïne affrontent l’adversité, tentent d’accomplir leur objectif et souffrent pour y arriver. Sous le vent contraire des péripéties, les personnages conquièrent l’empathie du public. Le cinéma est-il alors l’antidote rêvé pour combattre les préjugés à l’égard des Autres ? Si le racisme n’était qu’un défaut d’amour du prochain, oui, sans doute. Mais il constitue avant tout un système. Il réside dans les routines culturelles, sociales ou administratives qui régissent notre société et ses institutions. Le cinéma est-il une arme efficace pour le vaincre ou contribue-t-il à masquer les discriminations ordinaires ?

  • « Chez Jolie Coiffure », ou l’histoire d’une « invisible »

    Chez Jolie Coiffure raconte le quotidien de Sabine, coiffeuse dans la galerie du quartier Matonge, qui rassemble une large part de la communauté africaine de Bruxelles. Chez Sabine, on rit, on partage ses histoires d’immigration, ses histoires du pays et les projets de tontine[[Zygmunt Bauman, sociologue, explique ce qu’est la tontine : « Les tontines sont des associations regroupant des membres d’un clan, d’une famille, des voisins ou des particuliers, qui décident de mettre en commun des biens ou des services au bénéfice de tout un chacun, et cela à tour de rôle ».]]. Pour Rosine Mbakam, réalisatrice camerounaise vivant en Belgique, filmer Sabine et ses clientes est une façon de se réapproprier la narration sur les minorités et de porter un autre regard sur l’immigration en Belgique. Avec sa caméra, elle questionne les enjeux migratoires mais aussi la posture du public occidental dans le cinéma. Rencontre avec une réalisatrice qui réinvente les codes et redéfinit les frontières.

  • Diversité et traitement de l’info : le rôle des médias d’éducation permanente

    Face au manque de diversité dans les industries médiatiques et dans l’information[[Des évolutions qui s’observent à la loupe, CSA, 24 avril 2018, barometrediversite.be/des-evolutions-qui-sobservent-a-la-loupe]], les médias associatifs prennent des initiatives. Héléna De Bauw, journaliste de Télévision du Monde (TDM) et co-autrice du court-métrage « C’est quoi les migrations ? », primé dans le cadre du concours 2019, nous parle du rôle des télévisions associatives dans l’effort d’inclusion et de diversification des interlocuteurs à l’écran.

  • Au bout du fil, déjouer la stigmatisation raciale

    L’accent joue un rôle certain quand il s’agit de caractériser une personne en regard de sa communauté d’origine ou d’appartenance. Nous identifions aisément l’accent à adopter pour camper un personnage asiatique, africain, arabe, un banlieusard ou un aristocrate. La pop culture nourrit cette définition de caractéristiques langagières, notamment celles des communautés issues de l’immigration ou des classes les plus populaires. Celles-ci conditionnent un jugement de valeur : il y aurait une « bonne » manière de parler… et une « mauvaise », déclenchant le rire, mais aussi la méfiance. Comment le cinéma exploite-t-il ces différentes expressions d’une même langue ? Le film peut-il questionner cette forme de ségrégation ?

  • La radicalisation au cinéma : quels regards sur l’Islam ?

    Question d’actualité et enjeu de société, la radicalisation islamiste provoque la peur et l’interrogation. Sa dimension violente et « sous-terraine », les émotions qu’elle convoque en font un sujet attrayant pour le cinéma. Il s’en est emparé pour nous offrir des points de vue plus ou moins nuancés sur la question. Au centre de ces fictions et au cœur de cette problématique se situent des protagonistes aux prises avec des évènements qui les dépassent. Quel est le point de vue choisi pour les aborder ? Quel regard ces films posent-ils sur ces « radicalisé·es », sur le moteur qui les anime ou sur la communauté musulmane dans son ensemble ? Offrent-ils des pistes pour sortir d’un extrémisme violent ou contribuent-ils à renforcer les peurs ?

  • Le cinéma peut-il renverser le racisme économique ?

    La globalisation m’a ouvert les frontières. Née dans les plaines de l’Ouzbékistan, je passe sans encombre par l’Inde et l’Indonésie pour finalement m’embarquer pour les pays du Nord et profiter d’une société plus prospère. J’y terminerai mes jours sans avoir à souffrir de mes origines que je porte pourtant comme une étiquette, à peine cachée. Vraisemblablement rêvée par des millions de personnes sur la planète, voilà ma vie. À la condition toutefois que je sois une petite culotte.

  • L’invisibilité des communautés asiatiques dans le cinéma occidental : quel pouvoir a le cinéma sur notre imaginaire ?

    Depuis quelques années, la question de la diversité et de la représentation des minorités (ethnique, sexuelle et de genre) provoque des remous à Hollywood. À l’heure où une partie du public revendique un cinéma différent, plus diversifié et qui reflèterait mieux l’évolution de la société, le cinéma populaire accuse du retard. C’est suite à de nombreux mouvements sur les réseaux sociaux tels que #OscarSoWhite, #ExpressiveAsians, le mouvement #Metoo, ou encore #Straightwashing [[Pratique qui « hétérosexualise » les LBGT+ (lesbiennes, gays, bisexuel.le.s, transgenre,…) leur donnant une apparence et un comportement hétérosexuel conforme à l’hétéronormativité, aux diktats du genre de la société.]], qu’Hollywood commence à prendre conscience de l’importance de représenter la diversité et de commencer à peindre un cinéma plus éclectique, à l’image de notre société.

  • Pop Modèles : à quoi sert l’étranger

    À quoi sert l’étranger au cinéma ? Côté pile : l’Autre est un personnage qui a souvent les faveurs du cinéma pour ce qu’il aurait de louche et d’inquiétant. Côté face : l’étranger peut aussi être attirant et séduisant : il est exotique : Les capsules vidéo Pop Modèles explorent les facettes des ressorts de l’exotisme au cinéma et interrogent les fonctions de l’étranger en suggérant trois réponses : nous faire rêver, nous faire rire et nous mettre en perspective.

  • Les minorités à l’écran et dans le monde : entre assimilation et intégration

    Le cinéma nous propose d’éprouver de la sympathie pour ses personnages principaux et de nous identifier à leurs tourments pour mieux vibrer au rythme de leur quête. Mais qu’est-ce qu’un héros qui parle à tous ? Doit-il de préférence être un homme blanc ? Si la majorité des films souscrivent à cette tradition fondée dans les inégalités de notre société, d’autres démontrent que le cinéma peut ouvrir à l’Autre en nous invitant à se projeter en lui. La lutte d’un personnage issu des minorités contre les obstacles que ses origines ou sa culture lui opposent peut être palpitante car elle est déjà dramatique. Mais quelles résolutions à ces conflits le cinéma propose-t-il ?