Ressources

  • Tradition orale et contes merveilleux : une rupture de la transmission ?

    Avec Toutes ces histoires qui nous racontent, Pierre Chemin et Laura Dachelet proposent une réflexion sur l’oralité et la place qu’elle occupe dans nos sociétés. L’omniprésence des technologies numériques nous fait-elle oublier l’importance de la transmission « in real life » des récits familiaux et des contes traditionnels ? Ces derniers contribuent pourtant à ancrer une culture et à l’ouvrir au dialogue avec les autres. Mais les récits merveilleux n’ont pas pour autant disparu des radars : ils inspirent le cinéma populaire, quitte parfois à être vidés de leur sens premier pour satisfaire aux exigences de production.

  • Kis’ Keya : « Il y a beaucoup d’endroits où je suis la seule personne noire »

    Dans sa pratique d’artiste plasticienne ou dans l’écriture audiovisuelle, Kis’ Keya s’engage face aux discriminations. Elle affirme un besoin de changement de mentalité et dénonce le manque de représentation des minorités dans nos sociétés et dans les médias. Elle sera la présidente du jury 2023 du concours de courts métrages : les valeurs qu’il promeut font écho avec ses combats.

  • Des « 4 bancs » à la scène : quand le documentaire ouvre des portes

    Si le cinéma est l’outil de divertissement populaire par excellence, il sait aussi se mettre au service des enjeux sociétaux et ainsi créer du lien. C’est au travers de son documentaire 4 Bancs/Rebelgeneration que Zakaria Bakkali a donné la parole à des jeunes dont l’image est noyée sous les préjugés et pour lesquels les infrastructures appropriées sont inexistantes. Le film s’appuie sur le rapprochement entre les jeunes du quartier et le théâtre qui y est ancré. Par la création, une frontière qui semblait infranchissable s’est estompée.

  • Quand la frontière fait écran

    Notre monde est traversé par des frontières invisibles : celles qui délimitent les territoires bien sûr, mais aussi les fractures économiques, les différences sociales, culturelles, le statut légal… Selon les époques et les circonstances, ces nuances sont érigées en clôtures infranchissables et deviennent les critères sur lesquels se fondent les discriminations, les dominations ou l’indifférence. Lorsque le cinéma s’empare des enjeux de la diversité et du racisme, il tente de montrer ces frontières et comment elles conditionnent la destinée des héros. Mais il lui arrive aussi de mal les nommer voire de contribuer à les formaliser.

  • Les partenaires du festival : trait d’union entre les films et les publics

    Une des spécificités du festival À Films Ouverts est d’être itinérant : une multitude d’associations organisent des projections en leurs murs, hors des lieux traditionnellement dédiés au cinéma. Ce n’est alors plus le public qui va vers le film, mais le film qui va vers lui. Les ASBL Sima et EmpreinteS font partie des acteur·rices qui misent sur ce type d’événement culturel pour favoriser l’inclusion de publics fragilisés. Comment s’y prendre pour rendre le cinéma « tout-terrain » ?

  • Cécile Djunga : l’humour comme remède, l’engagement dans le sang

    Animatrice, comédienne et humoriste, Cécile Djunga est aussi une artiste engagée contre les discriminations raciales et la xénophobie. Elle défend une représentation plus juste de la diversité dans les médias, notamment à la télévision. En accord avec cet engagement, elle sera la présidente du jury 2022 du concours de courts métrages contre le racisme. Son parcours et ses expériences témoignent des épreuves auxquelles sont confrontées les personnes racisées lorsqu’elles se frottent aux industries médiatiques, et de la nécessité de lutter contre les discriminations.

  • Racisme et cinéma : comment élargir le cadre ?

    Le cinéma est souvent affaire de destin. Héros et héroïne affrontent l’adversité, tentent d’accomplir leur objectif et souffrent pour y arriver. Sous le vent contraire des péripéties, les personnages conquièrent l’empathie du public. Le cinéma est-il alors l’antidote rêvé pour combattre les préjugés à l’égard des Autres ? Si le racisme n’était qu’un défaut d’amour du prochain, oui, sans doute. Mais il constitue avant tout un système. Il réside dans les routines culturelles, sociales ou administratives qui régissent notre société et ses institutions. Le cinéma est-il une arme efficace pour le vaincre ou contribue-t-il à masquer les discriminations ordinaires ?

  • Avec Rosine Mbakam, le cinéma pour réparer le regard

    Avec « Les prières de Delphine », Rosine Mbakam poursuit une démarche cinématographique initiée dans son film précédent « Chez jolie coiffure ». C’est à la demande de son amie Delphine que la réalisatrice allume sa caméra, lui offrant l’opportunité de récupérer un « pouvoir » longtemps confisqué par les autres. Mais auprès de Delphine, ce sont aussi ses propres préjugés que Rosine Mbakam va affronter. Les prières de Delphine, ce n’est pas seulement une histoire personnelle, c’est aussi celle d’une génération de jeunes filles. Par cette histoire, elle invite le public à questionner son propre regard.

  • L’exotisme au cinéma

    À quoi sert l’étranger au cinéma ? Côté pile : l’Autre est un personnage qui a souvent les faveurs du cinéma pour ce qu’il aurait de louche et d’inquiétant. Côté face, l’étranger peut aussi être attirant et séduisant : il est exotique. Depuis sa naissance, le cinéma a su exploiter ce goût pour pimenter les…

  • « Chez Jolie Coiffure », ou l’histoire d’une « invisible »

    Chez Jolie Coiffure raconte le quotidien de Sabine, coiffeuse dans la galerie du quartier Matonge, qui rassemble une large part de la communauté africaine de Bruxelles. Chez Sabine, on rit, on partage ses histoires d’immigration, ses histoires du pays et les projets de tontine[[Zygmunt Bauman, sociologue, explique ce qu’est la tontine : « Les tontines sont des associations regroupant des membres d’un clan, d’une famille, des voisins ou des particuliers, qui décident de mettre en commun des biens ou des services au bénéfice de tout un chacun, et cela à tour de rôle ».]]. Pour Rosine Mbakam, réalisatrice camerounaise vivant en Belgique, filmer Sabine et ses clientes est une façon de se réapproprier la narration sur les minorités et de porter un autre regard sur l’immigration en Belgique. Avec sa caméra, elle questionne les enjeux migratoires mais aussi la posture du public occidental dans le cinéma. Rencontre avec une réalisatrice qui réinvente les codes et redéfinit les frontières.